Vous êtes ici

Robert LE RICOLAIS (1894 - 1977)

-A +A

" Pour découvrir la nature des choses, le secret est d'être curieux" affirmait Robert Le Ricolais qui obtint en 1976, le Prix de l'Institut américain des architectes. Reconnu à l'international pour ses recherches, l'homme qui habita avec sa femme Marguerite, une petite maison dans le bourg, a vécu une vie romanesque. 

Le 30 octobre 1894 - Georges Robert Valory Le Ricolais naît à la Roche-sur-Yon, dans une famille « bourgeoise ». Son père est avocat au barreau d'Angoulême. Robert passe son enfance à l’Isle d’Espagnac,  en Charente, au château des Mérigots.

.

1909 - Après des études au lycée d’Angoulême, Robert part  en Angleterre préparer un bac scientifique qu’il obtient en 1912.  L’année suivante, il commence des études de mathématiques et physique à la Sorbonne.

Août 1914 - La guerre est déclarée ! Robert interrompt ses études pour partir au front. Le 5 septembre, il est incorporé au 5ème régiment du génie en qualité de 2°classe puis au 38ème régiment d'infanterie à compter du 13 octobre.

31 août 1915 - Il rejoint le 30ème bataillon de chasseurs alpins.

Le 31 janvier 1916, blessé au bras, il passe 6 jours à l'infirmerie, puis retrouve sa Compagnie au camp de Sainte Barbe.

Le 3 juin 1916 - Retour à la tranchée, au Reichackerkopf. Il note dans son carnet « nous allons quitter l'Alsace. Voilà presqu'une année passée dans les tranchées, les crêtes battues par le vent et la ferraille, dans la solitude, parfois troublée...et nous voilà très mélancoliques... »

Méricourt - le 11 juillet 1916 - « Nous y voilà, à la veille de l'action....C'est l'heure du sacrifice. Il vaut mieux ne plus penser. » Dans les tranchées de Curlu, il est blessé par balle aux poumons, une plaie pénétrante de part en part du thorax. Robert est alors évacué le 20 juillet et est envoyé à l'hôpital de Nice. C'est dans cette ville qu'il va rencontrer Marguerite Duverel , sa future femme.

 

Robert finit la guerre en qualité d'interprète à Paris, pour la mission américaine. Plus tard, on lui remet la croix de guerre avec deux étoiles bronze.

Robert nommait affectueusement Marguerite  « Didite »

En 1918, ils décident de vivre ensemble, à Paris. Marguerite, dans un premier temps, fait « bouillir la marmite » en dessinant des bijoux ; elle avait fait des études artistiques en Belgique. Robert trouve un premier travail dans une entreprise de pompes : les pompes « Rateau ». Le voilà considéré comme ingénieur hydraulique.

 

 

De 1918 à 1931, le couple connaît les « années folles » et fréquente les artistes à Montmartre, à Montparnasse. Robert suit des  cours de peinture à l’académie « Colarossi » et à l'académie de « La Grande Chaumière » qui eut pour élèves Camille Claudel, Gauguin, Modigliani, Giacometti.

 

En 1931, Robert est embauché comme sous-directeur à la société « Air liquide » à Nantes, et se passionne pour l'étude des matériaux et l'architecture. Il observe la nature et s'interroge "comment une tige de blé si légère et si creuse peut-elle supporter le poids d'un épi beaucoup plus lourd qu'elle ?" Cette question guidera toutes ses recherches jusqu'à l'élaboration de schémas de strcutures spatiales inspirées de coquillages, de cristaux, de fleurs.

 

Il participe également à la vie culturelle nantaise à travers la peinture et la poésie. René Guy Cadou (photo), Stéphane Chiffoleau et Delanoë sont ses amis. Marguerite, de son côté, peint les portraits de nombreuses personnalités de la bourgeoisie nantaise.

 

 

1943 - Nantes est bombardée. Robert et Marguerite se réfugient à Orvault d’abord dans une maison près de la minoterie puis au 15, rue du Chêne nommée depuis 1978, rue Robert Le Ricolais.

1951 - En mal de reconnaissance en France, Robert part aux USA où il obtient une chaire d'architecture à l‘Université de Philadelphie. Il y approfondit ses recherches sur les effets de pression, sur les structures dans l'espace.

Statue de Benjamin Franklin à l’Université de Philadelphie.

 

Marguerite reste à Orvault. Ils s'écrivent presque tous les jours et Robert revient, tous les étés passer trois semaines, dans « sa maison de garde barrière ».

Marguerite dans son petit jardin du 15 rue R. Le Ricolais

1962 - Robert reçoit d'André Malraux le Grand Prix d'architecture.

 

1974 - Robert succède à Louis Kahn, à la tête de la très prestigieuse chaire d'architecture Paul Philippe Cret. Plus de 200 modèles et de sculptures ont été construits et testés dans son atelier.

 

1976 - Il obtient le prix de l'Institut américain des architectes.

1977 - Robert décède à l'hôpital américain de Neuilly et est enterré à Orvault.

1981 - Marguerite décède à l’âge de 86 ans. Elle est enterrée auprès de son mari.