Plusieurs commerces du Bourg d’Orvault ont fait face cet été à une série inédite de cambriolages qui a suscité l’inquiétude des commerçants et riverains. Ces faits s’inscrivent dans un contexte général de baisse des cambriolages depuis cinq ans sur la commune, d’après les données officielles de la Police nationale. Pour répondre à cette situation, et dans la continuité des tests en cours sur les sites du Bignon et du centre socioculturel de Plaisance, la Ville d’Orvault expérimentera l’installation de caméras sur des points stratégiques du Bourg.
Plusieurs commerces du Bourg d’Orvault ont été victimes de faits de dégradations et de vols durant la période estivale. Des phénomènes qui s’inscrivent, selon la Direction Interdépartementale de la Police Nationale (DIPN), dans une hausse estivale inhabituelle des cambriolages dans toute la métropole nantaise sur cette période. Une cellule spéciale de suivi a même été créée et a associé les communes concernées dont Orvault.
Il est cependant important de noter la très nette baisse des cambriolages depuis 5 ans à Orvault : entre 2020 et 2025, la baisse constatée par la Police National est de 57% pour les cambriolages de logements et de 2,4% pour les cambriolages de commerces et locaux professionnels en 5 ans.
Une expérimentation ciblée et raisonnée
Comme la Police Nationale l’a confirmé à la Ville d’Orvault, les caméras n’empêchent pas les délits de cambriolage. Elles peuvent, dans certaines conditions, constituer un outil complémentaire aux investigations, l’essentiel des résolutions d’enquêtes reposant sur d’autres éléments (empreintes, ADN, vidéos privées au sein des commerces, dispositifs de suivi de suspects).
Néanmoins, consciente de l’impact de tels actes pour celles et ceux qui en sont victimes, la Ville d’Orvault a décidé de tester l’installation de 2 à 3 caméras dans le Bourg dans la continuité de l’approche adoptée à la Ferme du Bignon et à Plaisance pour faire face à des enjeux spécifiques.
Cette initiative répond à une situation particulière et vise à permettre l’évaluation de l’efficacité de ces équipements dont le coût est important (15 000 € par caméra environ, auxquels s’ajoutent les éventuels remplacements et réparations et un coût annuel de maintenance de 10%).
Comme cela était prévu en lien avec les caméras déjà installées ou programmées, l’adoption d’une charte de déontologie et la mise en place d’un comité d’éthique seront proposées lors d‘un prochain conseil municipal afin d’apporter des garanties en termes de libertés publiques sur l’usage d’un tel dispositif.
L’équipement des commerçants : une nécessaire complémentarité
Une réunion destinée aux commerçants du Bourg est prévue le 25 septembre afin d’échanger avec eux sur cette décision et d’approfondir les mesures complémentaires à éventuellement mettre en œuvre au sein de leurs commerces. En premier lieu, il s’agira de convenir de ce qui peut et ne peut pas être attendu d’un tel dispositif au regard des échanges que la Ville a eu avec la Police Nationale.
Que ce soit par la Police Nationale, la Gendarmerie ou les chambres consulaires, partout en France les commerçants sont incités à s’équiper eux-mêmes pour protéger leurs locaux professionnels, en complément des moyens déployés par l’Etat et par les collectivités.
Ainsi, un rideau métallique, le renforcement des portes et fenêtres le cas échéant, une alarme (reliée ou non à un dispositif de télésurveillance) et/ou des caméras intérieures peuvent contribuer à dissuader, ralentir ou élucider certains cambriolages. La Police Nationale a fait connaitre sa disponibilité pour apporter aux commerçants volontaires un avis personnalisé.
Présence humaine et proximité
Cette expérimentation s’inscrit dans le cadre d’une stratégie municipale en matière de tranquillité publique principalement fondée sur la présence humaine et la proximité. Ces dernières années, le nombre de policiers municipaux a été renforcé, passant de 6 à 9.
La médiation sociale a vu son effectif augmenter de 1 à 3 agents et intervient désormais dans différents quartiers, dont le Bourg. Par ailleurs en matière de prévention spécialisée, une équipe d’éducateurs de rue de l’ADPS44 agit auprès des jeunes du quartier Plaisance.
Un dispositif « Quartiers attentifs » permet de relayer des informations et des messages d’alerte.
Avec la Police nationale, des temps d’information sont organisés sur la prévention des cambriolages et des arnaques et le maire procède à des rappels à l’ordre, en lien avec le Procureur de la République.
Une stratégie globale de tranquillité publique a été adoptée avec, notamment, la relance du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) constitué de groupes thématiques qui garantissent la coordination avec les acteurs de la prévention et de la tranquillité publique à Orvault dont la Police Nationale.