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Bidonvilles : le maire annonce une stratégie de résorption

Publiée le :

mar, 14/06/2022 - 15:21
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Lors du Conseil municipal du 13 juin, Jean-Sébastien Guitton, maire d'Orvault a annoncé que l'équipe municipale travaillait à la mise en oeuvre du stratégie de résorption des bidonvilles de la commune. Retrouvez ici l'intégralité de sa prise de parole :

" Je souhaite d'abord évoquer les quelques bidonvilles présents à Orvault dans lesquels vivent des familles Roms. Deux d’entre eux existent depuis 2013. Le premier est situé à la Jalière et compte un peu plus de 100 personnes. Le deuxième est situé dans la zone de la Pentecôte et compte une quarantaine de personnes, qui se sont récemment séparés en deux groupes distincts. D’autres terrains ont été occupés plus récemment, à proximité de l’Odyssée et sur l’ancien site Alcatel. On compte environ 25 personnes dans le premier et près de 120 personnes dans le second.

L’existence de ces bidonvilles représente tout d’abord un enjeu majeur en terme de dignité humaine, de droits fondamentaux et de protection de l’enfance car personne ne peut se satisfaire que des hommes, des femmes, des enfants connaissent une telle précarité sociale.

Les bidonvilles posent aussi parfois des difficultés importantes aux riverains de ces terrains, surtout lorsqu’ils persistent de nombreuses années, qu’il s’agisse de nuisances sonores, de pollutions ou de tranquillité publique. On le sait, ils soulèvent aussi des enjeux liés à des trafics illégaux et à des pressions ou des emprises dont sont également victimes certains habitants des bidonvilles.

Ces situations ne sont pas une spécificité orvaltaise, l’agglomération nantaise compte environ 2700 roms, répartis dans des bidonvilles dans plus d’une dizaine de communes.

Ce n’est pas non plus une situation récente puisque, je l’ai dit, deux bidonvilles orvaltais existent depuis presque 10 ans.

Cette situation nécessite la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés, Etat, Département, Métropole, communes et acteurs associatifs. C’est la dynamique qui s’engage et je souhaitais partager avec vous la stratégie que nous avons choisi d’adopter.

Concernant les installations les plus récentes, nous sommes attentifs au respect des droits fondamentaux et à la recherche de solutions alternatives, néanmoins nous souhaitons que ces terrains puissent être libérés sans tarder. Je vous confirme ainsi que j’ai écrit au préfet pour appuyer la demande d’expulsion formulée par le propriétaire de l’ancien site Alcatel, en raison de la diversité des risques et enjeux que représente cette occupation.

Concernant les deux bidonvilles les plus anciens, nous déployons la méthode suivante.

Tout d’abord, nous avons demandé qu’un diagnostic social précis et individuel soit réalisé auprès des familles présentes sur ces deux terrains afin de pouvoir adapter les solutions d’accompagnement et d’intégration à mettre en place. Ce travail est réalisé par une association spécialisée, appelée Trajectoires, en lien avec la préfecture et il va nous apporter des éléments de compréhension précieux.

Par ailleurs, nous avons décidé de fixer l’échéance de l’été 2023 comme objectif de libération du terrain de la Jalière, sur lequel une ZAC économique est gelée depuis près de 10 ans. Il apparait en effet que la taille importante de ce bidonville, son historique et la dynamique interne négative qu’il connait depuis plusieurs années ne permettent pas d’envisager un travail d’intégration efficace sur place. Cette échéance va aussi permettre de mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’un objectif clair. Le travail des prochains mois permettra aussi de fixer une échéance de libération du terrain occupé dans le secteur de la Pentecôte.

L’année qui vient sera donc consacrée à poursuivre un travail de fond autour de plusieurs axes.

Tout d’abord, nous allons lancer l’aménagement d’un terrain d’insertion qui accueillera une dizaine de familles dans des locaux de type mobil-home, et équipé d’un bloc sanitaire et d’un espace de stationnement. Les familles seront choisies selon différents critères qui doivent permettre le succès de leur passage par ce terrain, elles paieront un petit loyer et elles seront accompagnées socialement. Il s’agit de maîtriser et agir plutôt que de subir. Nous avons recherché un terrain municipal inutilisé, d’une surface adaptée, environ 2500 m2, et localisé à proximité d’une ligne de bus. Les études préalables vont être lancées concernant un terrain situé à proximité de l’Odyssée, mais la procédure durera au moins un an, nous aurons donc l’occasion d’échanger plus précisément sur le sujet lorsque le projet se précisera. L’aménagement de ce terrain et le suivi social des familles seront très largement co-financés par la métropole, le département et l’Etat.  

En parallèle, un travail social va être mené pour accompagner d’autres familles vers des dispositifs de logement existants. Nous allons également chercher à identifier des fonciers qui permettraient une occupation provisoire plus adaptée, au-delà du terrain d’insertion que je viens d’évoquer.

Par ailleurs, nous allons veiller avec l’Etat à ce que les situations délictueuses que peuvent connaître les bidonvilles soient davantage constatées et traitées.

Enfin, nous allons mettre en place un groupe de suivi composé de riverains, d’associations, des services sociaux, des polices municipale et nationale et des élus concernés qui se réunira régulièrement pour faire le point sur l’évolution de la situation et adapter les démarches mises en œuvre.

Voici donc les grandes lignes de la stratégie de résorption des bidonvilles que nous souhaitons mettre en place. C’est un sujet très difficile, un des plus difficiles auquel est confronté un maire, et je me réjouis que des échanges aient lieu entre les 24 maires de l’agglomération nantaise, avec la métropole mais aussi le département et la préfecture pour que nous nous mobilisions ensemble".

Jean-Sébastien Guitton, maire d'Orvault

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